Football terni, mais football chéri

Edinson Cavani au Paris Saint-Germain pour environ 64 millions d’euros en 2013 ; Brandao encore footballeur professionnel ; Courbis entraîneur. Effectivement, à la vue de ces éléments, la réponse à la question « le football se prend-il trop au sérieux ? » semble toute trouvée. Pourtant, ces anomalies cachent d’autres vérités assez troublantes.

 

Hausse des coûts des joueurs, surmédiatisation, sport sujet de tous les débats.

 

En effet, on assiste depuis une grosse quinzaine d’années à une inflation dans les prix de transfert des joueurs. Cette hausse des indemnités s’est accompagnée d’une hausse monstrueuse des salaires ; pour illustration et rappel, Yoan Gouffran à Newcastle est rémunéré 2,4 millions d’euros par an (vous aviez oublié qu’il joue encore au foot, n’est-ce-pas ?).

 

On assiste également à une surmédiatisation de notre foot, populaire certes. Si Cristiano Ronaldo change son slip rouge pour un slip bleu, vous le saurez dans la minute. Les histoires entre joueurs, telle que l’imbroglio Benzema-Valbuena ou encore la controverse Aurier en sont des illustrations. A cela s’additionnent un développement des émissions de débats (assez mauvaises) ; un développement des « palettes » pour expliquer les actions des équipes et le jeu prôné par l’entraîneur, alors qu’on a parfois l’impression que les joueurs n’y comprennent en fait rien et jouent pour le rayonnement individuel.

 

Même les politiques s’en mêlent, en donnant leur avis sur les affaires de mœurs des footballeurs. Manuel Valls s’était même permis de commenter le cas de l’affaire Valbuena.

 

Mais pourquoi le football est-il devenu si important ?

 

Argent, tu fais tourner la tête.

 

En fait, c’est juste une affaire de pognon. Il faut savoir que si les salaires et les indemnités de transfert ont augmenté, c’est parce que les chaînes paient des millions voire des milliards pour retransmettre les matchs. Et ces chaînes paient de telles sommes car vous regardez ces matchs. Et oui, certains se tapent des Angers – Bordeaux et c’est ce qui fait qu’on diffuse encore ces matchs.

 

Alors effectivement, les enfants s’identifient aux grands joueurs, qui ont une une responsabilité de « bonne image ». Mais pour résumer, si le petit s’identifie à Ribéry se tapant des putes, Papa et Maman ne vont pas aimer et vont arrêter de regarder du foot à la maison ; moins de spectateurs, donc moins d’argent. Vous me suivez ?

 

Le football est devenu une poule aux œufs d’or. Les clubs et les joueurs créent des emplois, paient des impôts et dépenses beaucoup d’argent en frais (emplois induits). Ce sérieux s’explique donc par la volonté de ne pas faire éclater cette bulle, s’élargissant de jour en jour et profitant à tous. Le football professionnel est devenu bien plus qu’un sport : c’est une véritable activité lucrative sans comparaison possible, à laquelle tout le monde veut participer car « il y a moyen d’un petit billet ».

 

Sans compter le rayonnement de certains clubs, profitant à des pays, des populations ou des causes. Un club de football est une vitrine considérable pour les gouvernements, qui en use allégrement pour faire de la pub.

 

Quel avenir pour ce football ?

 

Tant que le système fonctionne, la bulle n’éclatera pas et l’activité prospérera. La hausse des droits TV pour diffuser les matchs continuera tant qu’il y aura des spectateurs pour regarder ces matchs ; notamment au stade mais surtout à la télé. Le marché continuera à être déréglé, et on continuera à s’esclaffer lorsqu’un joueur ne sera acheter « que » 2 millions d’euros. Le football est un monde déconnecté de la réalité à encadrer, afin que le sport prime sur tout autre chose. Son modèle n’est pas inédit, et il existe la même chose dans la NBA ou le base-ball.

 

Mais le football reste le plus beau sport du monde.

M.M

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